Poésie
Ensemble de poésies et textes libres
Mur
Il est des choses sans failles, des êtres sans fêlures, des idées sans défauts mais il faut reconnaître que ceux-ci n'ont d’attrayants, plus que d'enivrants, surtout leurs beautés éphémères. Et c'est de tous temps dans les biches et les amphores lézardées qu'il me vint à contempler la richesse intérieure s'écouler.
Et puis messieurs dames, et puis vous, et puis nous, sommes, bien contraint aux rides dès nos jeunes années, si nous souhaitons offrir, aux autres, notre joie de les voir se pencher sur le berceau de nos vies.
Alors aux jeunes abîmés, aux gens mûres, et aux vieux fatigués, j'ai l'honneur de leur dédier ces vers, et cette fumée, ondoyante, car belle et bien vivante et bien loin d'une dame devenue statue pour le simple plaisir d'un tailleur de pierre.
À l'égérie des défilés, à la poupée de porcelaine, aux hommes sculptés, j'ai l'outrecuidance de leur préférer une petite ligne, fragiles et prête à tout emporter, jusqu'à ma raison, jusqu'à la moisson de mon âme tourmentée.
Simon Facy
Là-haut
C'est où, dis-moi.
Le paradis mon ange, c'est là-haut, et là-haut c'est moins loin que tu ne crois.
Beaucoup, comme Frison Roche, comme Youry Gagarin, comme le petit prince, ont voulu trouver, là-haut, la cime, le pic, les sommets et tous ont entrepris d'escalader, de voler haut parmi les nuages, de conquérir l'espace.
Et moi, dans ma jeunesse, j'ai écouté leurs récits, j'ai lu leurs épopées, j'ai vu les drapeaux plantés, et j'ai cru comme toi que là-haut était loin et inaccessible.
Chaque jour je rêver d'atteindre là-haut, et puis tu es naît, tu es venu ici, près de moi.
Et plus j'étais près de toi et moins je chercher à grimper haut et loin et au-delà.
Et un jour, je t'ai regardé et tu m'as souri et j'ai compris que le paradis, que là-haut c'était ici, devant moi et c'était Toi.
Simon Facy
Peu mieux faire
C'est aux fers de mes années d'écolier, c'est enfoui dans l'esprit des professeurs qui m'ont instruit, c'est ma hantise de jeunesse.
D'aucun ne souhaiter me blesser, D'aucun ne souhaitaient m'attrister, D'aucun ne souhaitaient me braquer, et mon sourire surnaturel effacé à leur vue la terreur, de cette marge, celle-là même qui répéter à des capacités mais...
Alors voilà après des années à vous qui avaient sûrement quitter les bancs de l'école, à vous mes amours de collège, aux cœurs à vifs, aux mental fragile après tant de tête insolente, après tant d'inconscience de jeunesse, par trop insouciante, je dédie ces mots, à tous, oui point de favoris bien que la passion le souhaiterai, je me dois de reconnaître que je vous dois celui qui écris aujourd'hui.
Puisque point de matière, point de classe importe plus que le respect d'un ancien élève qui souhaite s'élever au-dessus d'un mais et où que vous soyez, retraite terrestre ou céleste, sachez, que désormais j'essaie d'être dévoué à mieux faire et de vous rendre fière et satisfait de votre carrière.
Une profession de foi, pour un, il était une fois l'école, national et laissez-moi, passez ma vie, à vous dire, Merci.
Simon Facy
Ne m'approcher pas
Ne m'approcher pas je suis le mal aimé, le va nu pieds, le bossu le miséreux, l'handicapé, le faible, le mauvais, le grincheux, le bizarre, le sarcastique, le sale, le négatif, le silencieux, le malade, le pauvre, le drogué, le frustré, le fou, le hargneux, le peureux, le triste, le maussade, l'inconnu, l'étranger, le balafré, le monstre, l3 solitaire, le rejeté, le bouc émissaire, le méfiant, le louche, le prisonnier, le coupable de vous renvoyé tel le miroir de la sorcière le reflet dont vous ne voulais surtout pas voir en vous tout ce que je suis.
Je suis tout ce que votre monde cache à la vue des JT, des publicités, des affiches, du show-biz, des cours de récré.
Et si l'on me retrouve pendu, ou oublié dans le sanatorium, que tout le détourné le regard, que l'on se dépêche de m'oublier, moi l'idiot, d'accepter que le monde soit votre vitrine, à vous qui savez mieux mentir, que le diable dont vous ne craignez que ressurgissent l'idée.
Si vous souhaitez redevenir humain alors laissez entrer rien qu'une fois dans votre cœur tous ce monde qui vous fait peur et accepter que nous ne sommes ni anges ni démons mais un arc en ciel qui mêle le gris et l'ensoleillé puisqu’après tout ce monde ne peut voir le beau que dans la nuance infinie de nos vies.
Simon Facy
Comblé
C'est comme un trou, une fosse, une crevasse, miré par celui ou celle qui voit en cela sa vie, un désespoir, une histoire vide et creuse comme un os sans moelle.
La toile d'un peintre sans gouache, la scène d'un interprète sans micro, le bloc d'argile sans biseau, où les mots qui manquent, les mots deviennent des maux et l'émail, se lézarde et se craquelle, le masque se brise.
Alors livide et insubstantiel, le ciel devient grisaille, tout dits aïe !
Tout fait mal, et l'eau tombe dans un panier percé, et le nom ne crée plus de chansons, plus de refrain.
Alors alexandrins ou phrases ficelées, tissées lentement, je retravaille, ma gouaille et reprends mon métier. Remplir gouttes à gouttes tes doutes, donné à petites dose ma prose, chasser le morose.
Une pétale puis une autre, un point de colle, un sparadrap, un sourire d'abord timide, un mot souffler puis le puit qui paraissait sans fond devient mystère comme ce mot hypocondrie, et cet autre styloïdite et dite moi pas que cela n'est pas après quelques pas, quelques tours de roues assez merveilleux de retrouver l'émoi des mots et la fin du fond sans fin, puisqu'enfin tout ceci fit votre bonheur de remplir votre tête et vos oreilles de petites idées où désormais vous pouvez vous nommer comblé.
Simon Facy
Colis
Un paquet d'octets, un ballotin de gourmandises, un panier de fruits, je suis partie cueillir et accueillir un colis. Il en vint des centaines et il en part des milliers, j'ai fait part du code secret pour avoir l'honneur de découvrir ce qu'ils cachaient et le cachet de la compagnie m'assura de l'authentique, pique aux curieux de ne pouvoir savoir mieux du dit cadeau, seul l'emballage leur offrit le loisir de s'interroger et de réfléchir à ce qu'il renfermer.
Madeleine de jeunesse, chansonnier des âges passés, je fît d'un simple reçu un chapelet de rimes et grimaçant sang aux joues je déclamer encore et encore mon art dévorant pour le verbe, le verbiage et l'adage des sages m'emmena a faire défiler les perles du collier sacré, billes en tête, boule de Noël, c'est là après tout ceci et loin de cela, que je fît réception de mon présent avec un je t'aime au carpe diem.
Simon Facy