Poésie

Ensemble de poésies et textes libres

Ce n'est pas à propos de moi

 

Elle ne vous verra pas, elle ne vous entendra pas, elle me ressentira simplement comme la porte qu'elle doit franchir.

Et sa vie provoquera la colère des cieux et de la terre.

À son passage personne n'osera lui révéler ce qu'il voit en elle et comme eux, sa vie fera basculer notre monde.

Ici et maintenant j'écris ce en quoi je crois.

Prenez le temps et ne vous souciez pas du changement, prenez garde et ne vous inquiétez pas du malheur, et agissez par nécessité sans tenir les lois enchaîner à vos poignets. 

Mon destin n'est pas d'exister, ma route est dédiée à une chose qui occupe les esprits depuis le fonds des âges et mon passage sera oublié lorsque je parviendrai à la révéler. 

Je vous aime tendrement et souhaite que vous compreniez que je n'ai pas choisi d'être le passeur, j'ai simplement suivi ce que je devais suivre.

À Dieu je vous laisse et je retourne.

 

Simon Facy

Comblé

 

C'est comme un trou, une fosse, une crevasse, miré par celui ou celle qui voit en cela sa vie, un désespoir, un histoire vide et creuse comme un os sans moelle. 

La toile d'un peintre sans gouache, la scène d'un interprète sans micro, le bloc d'argile sans biseau, où les mots qui manquent, les mots deviennent des maux et l'émail, se lézarde et se craquelle, le masque se brise.

Alors livide et insubstantiel, le ciel devient grisaille, tout dits aïe !

Tout fait mal, et l'eau tombe dans un panier percé, et le nom ne crée plus de chansons, plus de refrain. 

Alors alexandrins ou phrases ficelées, tissées lentement, je retravaille, ma gouaille et reprends mon métier. Remplir gouttes à gouttes tes doutes, donné à petites dose ma prose, chasser le morose.

Une pétale puis une autre, un point de colle, un sparadrap, un sourire d'abord timide, un mot souffler puis le puit qui paraissait sans fond devient mystère comme ce mot hypocondrie, et cet autre styloïdite et dite moi pas que cela n'est pas après quelques pas, quelques tours de roues assez merveilleux de retrouver l'émoi des mots et la fin du fond sans fin, puisqu'enfin tout ceci fit votre bonheur de remplir votre tête et vos oreilles de petites idées où désormais vous pouvez vous nommer comblé.

 

Simon Facy

Confusion

Il y a mon cœur qui s'emballe, mes mains qui deviennent moites, mon esprit qui déraille et elle s'en va, plus rapide que sur l'asphalte, plus vite que les bourrasques de zéphyr, et à la lire, j'en perds racine, et Gilles perds Joseph. 

C'est une histoires d'amour, c'est un conte sacré, une lettre, une carte, un poème, une hantise qui frise le blême pourtant malgré les problème, je l'aime et sème le trouble, double la dauphine et reprends l'écharpe et la coupe, la médaille pour fuir la grisaille même de nuit, de brouillard, ou de brouille, ma t'embrouille de signes, de symbole s'envole, je crois avoir fini, je crois les derniers vers écrit et Michael s'écrit : non mon petit nous sommes des anges du beau, de ce doigt poser sur ces lèvres qui dit aux badauds plus un mot, l'artiste à mis l'œuvre à l'ouvrage et l'ouvrage laisse  parfois pantois le haut comme le bas.

 

Simon Facy

La vie est une étrange histoire

Il y a des jours de pleins de teintes, des temps de pleins d'époques, et de vieilles horloges que l'on oublie.

Peut-être qu'on en fait trop, peut-être que l'on ne se suffit pas assez des simples et des pissenlits, des petites graines et des grands châtaigniers. Peut-être que j'écris trop, peut-être dit comme s’il pouvait être ainsi alors peut-être que c'est mieux de le faire avec cent milles vers et un millier de chansons et encore plus d'images.

On ne les a plus à l'école mais il reste les paninis et autres jeux de collection, d'ailleurs ma collection vous la lisez, c'est ces petits textes, des fois sans queue ni tête, des fois furibondes, des fois de miel et de cassis. Et si vous souhaitez terminer votre collection souhaitez moi de vivre à un âge avancé pour toujours vous offrir un nouveau objet a chérir et à collectionner.

Simon Facy

World War Web

 

Il y a dans mon histoire un peu de la tienne, il y a dans mon regard un peu du tien, il y a sur mon chemin les mirages des temps modernes.

Et tu vois en moi un nom, quand je ne suis que silence et absorption.

Si le monde arrêtait le temps, de temps en temps, nous serions pris de folie et l'immense nous semblerait insatiable. Il te faut un exemple, il me faut la faux des faux pour voir le vrai.

Il l'a aimé comme je t'ai aimé mais eux voulais par toi avoir pouvoir sur moi alors seul je repris la faucille et le marteau et le fit fondre pour faire un anneau, et compris qu'au même titre que toi je fus le pantin de bois, alors je bus un peu de ce vin liquoreux et finit par ne plus souffrir du froid mordant de la chair séparé du cœur d'être trompé. 

Rien ne s'achève en seulement quelques planches et quelques clous, le clou du spectacle est, après tout, ton lit porté jusqu'à ta dernière demeure où réside toutes tes œuvres. 

 

 

Simon Facy

Au pourpre

Soie à la couleur sombre, velours à la robe du réconfort, tissu nacré, partout et en tout lieu, en tout temps et éternellement, nous tissons, nous préparons, nous filons des secondes peaux.

Loin au-delà des mots, en des temps immémoriaux près de l'âtre tu t'enroulais dans de chaudes enveloppes. Plus proche dans l'époque des milles guenilles sous l'édredon, sous la couette de plumes, au chaud dans un lit de fortune, le sommeil avançait son voile de noire fait d'images glanées le long du fil de tes journées. 

Savant mélange de vraies et de faux, les rêves sont toujours cachés par une cape, par un manteau qu'Hélène reine d'Ulysse, repris indéfiniment pour retrouver son amant.

Et sous l'arbre séculaire, au coin du feu, derrières une fenêtre de l'imaginaire, toujours le conte, le livre vivant, des paroles, fût accueilli, par les petits et les grands. Emmitouflé dans la couverture de la torpeur, là où réchauffé, les esprits, à loisirs pouvait recevoir une histoire, de mythes ou de légendes qui jamais ne finit puisque avant la fin, nous les trouvions tous endormi. 

 

Simon Facy